Perth n’est pas seulement la capitale de l’Australie de l’Ouest mais aussi sa seule véritable ville, l’état de West Australia (WA) étant également le plus grand parmi les six, avec un bon tiers du continent à lui tout seul et une population humaine de 3M d’habitant soit 1.15 habitant par Km2 dont les 2/3 à Perth. Construite sur du sable, malgré quelques grattes ciels, au centre près du port de plaisance de la river, histoire de montrer sa hauteur au reste de la fédération, la ville s’étend surtout à l’horizontal, sur une bande sud-nord d’une centaine de km, sur une vingtaine, entre la mer et les collines boisées du Helena National Parc. Les autres agglomérations ressemblent davantage à des chefs lieux de canton, parsemées de quelques dizaines ou centaines de petites maisons, généralement préfabriquées, alignées sur une grille autour d’un mini centre avec quelques commerces et leurs parkings. Sauf qu’ici chaque circonscription s’étend sur des centaines de km.


Entre ces nœuds, comme dans les peintures aborigènes, s’étend le bush, mot générique pour des paysages tous différents outre trois composantes communes : une surface de terre sableuse ou rocailleuse, dont la couleur varie entre le jaune-gris et l’ocre-rouge foncé, une végétation d’arbres, arbustes ou buissons, plus ou moins dense et un tapis plus ou moins serré et d’herbes drues. C’est là que se cache la population la plus importante d’Australiens, les animaux sauvages ou semi sauvages : kangourous, wallabies et marsupiaux de toutes tailles, émeus, dingos, chèvres et même chameaux ( apportés d’Afghanistan par des migrants afghans au 19e siècle pour transporter les marchandises à travers le désert), reptiles lézards et serpents et oiseaux comme les cockatoos (cacatoès blancs) ou galah (cacatoès à la tête rose) rassemblés parfois en grandes colonies très bruyantes au lever et au coucher du soleil.

On rencontre quelquefois les animaux terrestres, surtout la nuit et comme en Tasmanie malheureusement écrasés morts sur le bord des routes, ce que les australien appellent roadkill. La faune maritime est la plus extraordinaire que nous n’ayons jamais vue, poissons, des mammifères marins, tortues …etc (à suivre)
À Perth nous avons retrouvé ma cousine Kate (Katerina Bril) qui nous avait rendu visite à Paris avec sa fille Lydia. Nous avons aussi diné chez Sandy, le protagoniste de l’histoire et cousin de ma mère.

L’histoire de ma famille avec l’Australie de l’ouest est une véritable épopée comme tant de familles émigrées en connaissent. Joseph, le frère de mon arrière grand mère maternelle, Amalia Bril, s’est échappé de Roumanie dans les années 30, où l’antisémitisme était problématique, pour l’Italie où il a épousé Josephina, dont la famille corse, qui détestait Mussolini, est parti s’installer en Australie de l’Ouest. Joseph n’aimait pas le climat et s’engage alors dans l’armée américaine pour aller se battre contre les Japonais aux Philippines, où il rencontre la jeune Maria Isabel avec qui il a deux enfants dont Alexandre (Sandy).
Sandy épouse la charmante Olivia aux Philippines et ils s’installent à Perth où ils ont 4 enfants dont Kate. En dehors de son activité professionnelle Sandy se passionne alors pour la généalogie. Un jour au début des années 2000 Sandy envoie un email à mes parents : je suis votre cousin australien, je viens bientôt à Paris et aimerais bien vous rencontrer. Ensuite mes parents sont allés à Perth en 2004 et Tobias, lors de son grand tour d’Australie en 2012, a été quelques temps accueilli chez Kate et sa fille Lydia. Plus récemment Lydia est venue à Paris au printemps dernier, c’est elle que nous avons retrouvée à Melbourne en février.
Grace à Kate, nous avons découvert l’île de Rottnest, une île parc à une heure de bateau du port de Fremantle où j’ai fait en vélo le tour de l’île de plage en plage avec Joanna, pendant que Ruth et Kate prenaient le bus. Le centre historique Fremantle avec ses façades balconnées et ouvragées s’avançant par dessus les trottoirs pour que les clients s’arrêtent au frais regarder les vitrines.


Les plages où Kate nage tous les jours, pour préparer ses compétitions de natation en mer.

Nous avons visité la superbe exposition, Sculpture by the sea, sur la plage de Cotesloe, en plein air, superbement montée, exposée et médiée, comme les australiens savent le faire, avec des œuvres éclectiques mais toutes remarquables et magnifiques dans leur cadre de verdure et au bord d’une mer d’azur.


Les plages de l’Australie de l’Ouest, il faut bien le dire dépassent l’imagination, par leur dimensions puisqu’elles couvrent quasiment toute la côte ouest, la couleur de l’eau d’un bleu turquoise éblouissant, par le fait qu’elles sont la plupart du temps inaccessibles, sauf à emprunter des « unsealed roads »

Perth possède probablement un des seuls musées des naufrages maritimes au monde. L’histoire et la côte en regorge. Beaucoup d’autres anciens bâtiments devenus musées sont des prisons du à l’histoire de l’Australie. Julian nous disait que beaucoup de ses camarades et collègues aux racines australiennes se réfèrent à leurs ancêtres qu’ils soient prisonniers, indigènes ou les deux.

Après ces quelques jours de retrouvailles et de rencontres très agréables à Perth, nous somme partis à l’aventure avec Kate vers le nord, avons loué une petite voiture, to hit the road again et remonter jusqu’à Kalbarri.


La Toyota Yaris Cross qui nous avait tout d’abord semblé un peu sous dimensionnée pour le voyage, car plus petite que celle que nous avions initialement réservée, généralement la plus petite voiture sur la route, s’est avérée parfaite, facile à conduire, excellente tenue de route et un cruise control avec auto-correction de trajectoire, tout à fait adaptée aux très longues routes droites et aux plateaux infinis ouest australien. Pas besoin de crisper le pied jusqu’à la crampe sur l’accélérateur à mi course, seulement accompagner en douceur les virages de l’auto-pilote sur le volant.

Kalbarri est une de ces nombreuses bourgades de la côte ouest avec ses pelouses arborées au bord de la plage et de la rampe de bateaux, ses quelques magasins, la station d’essence Ampol, quelques service, l’IGA (épicerie supermarché), un ou deux cafés, le magasin d’alcool et ses nombreuses accommodations, autrement dit des logements à louer où l’on fait la cuisine soi-même.
Les 570 km de route nous on pris plus de temps que prévu. Nous avons fait un arrêt aux Pinnacles. Petit morceau de désert jaune parsemé de monolithe aux formes extraordinaires, comme une armé d‘ombres figées dans la pierre, probablement des reliques de racines de mangroves ou de réseaux racinaires ayant fossilisé avec la terre qu’ils avaient emprisonnée, les ombres stoppées dans leur lente marche d’arbres paléozoïques.

A Kalbarri, notre appartement pour trois personnes et deux nuits était plutôt luxueux : duplex super propre, dénudé et fonctionnel de 75m2, énorme cuisine salle à manger avec un frigo gargantuesque trois portes, que nous avons bien utilisé, un salon genre home cinéma avec un écran de télé encore plus géant, que nous n’avons pas utilisé, deux chambres, une salle de bain avec laundry, une terrasse, un petit jardin et un parking pour deux voitures.

J’aime beaucoup ces petites villes travailleuses et isolées, où on trouve de tout, des savoir-faire incroyables, où tout semble visible alors que l’essentiel est caché à la vue et ce n’est qu’avec le temps qu’on peut vraiment appréhender le génie du lieu. Bien sûr je n’aimerai pas y vivre, conscient que ces petites communautés sont des compressions de sociétés où voisinent et se télescopent les extremes.
Canarvon, Denham et Exmouth empruntent un modèle comparable malgré des différences fondamentales, notamment sociales et en terme d’activité. Alors que Canarvon et ses quartiers pauvres vivent d’immenses cultures de fruits et légumes, Exmouth est principalement occupé par le tourisme et sa station de communications navales Harold E. Hol, un énorme réseau d’antennes radars et radio tournées vers le ciel américano-australien.
Pendant ce voyage nous avons souvent marché dans les traces de Tobias qui est passé ici dans le sens inverse il y a presque 15 ans et nous a aimablement conseillé de choisir plutôt l’ouest que l’est de l’Australie pour ce voyage.

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