Après l’expérience de Khao Sok et comme tous les lieux « indiqués » que nous avions regardés dans la région semblaient des attrapes touristes, nous sommes donc restés quelques jours dans la petite ville de Phang Nga.
Une ville industrieuse faute d’être industrielle, mais aussi une capitale régionale administrative et le véritable poumon d’activité à distance des sites prisés, notamment de la célèbre baie de Phang Nga. C’était un séjour très agréable où nous avons visité des sites en scooter, avons été arrêtés par la police et payé l’amende touristique de 500 Bath parce que nous n‘avions pas de permis international, mangé dans des petits restaus et cantines locales et profité du magnifique petit hôtel Origin, comme il est impossible de trouver dans les « resorts ». Son petit déjeuner Thaï était exceptionnel. Toutes sortes de petits paquets de riz collant fruités et parfumés aux confits, à la noix de coco, roulés dans des feuilles, d’essences et de couleurs variées, et brochés par une pique de bambou ( Ruth et moi avons convenu de ne pas parler de nourriture, sauf exception et c’était exceptionnel).

Le parcours découverte de la mangrove du parc National était génial. Nous l’avons fait à marrée basse et on voyait plein de choses qu’on ne voit pas en bateau : les différentes variétés de mangrove, les étonnants réseaux racinaires, les petits crabes et autres espèces endémiques.

Les parcs nationaux et les sites administratifs sont de véritables villes dans la ville. Beaucoup de gens y travaillent et y vivent, dont on ne comprend pas toujours ce qu’ils y font vraiment, sans doute à cause de notre vision d’étrangers, de nos mauvaises habitudes, puisqu’il semble qu’à part la garde républicaine et la gendarmerie, la plupart des résidences et avantages de fonctions semblent avoir fondu chez nous ces derniers temps.
Nous avons donc fini par faire comme tous les autres touristes notre tour en bateau dans la baie de Phang Nga.

La baie de Phang Nga est absolument sublime et unique en son genre, tout du moins les reliefs karstiques nombreux en Asie sont très rares chez nous. Ce sont d’énormes rochers dressés au milieu de plaines alluvionnaires. Sans vouloir m’appesantir sur leur formes phalliques ou callipyges, ces magnifiques excroissances ne laissent personne indifférent. Celles de la baie de Phang Nga sont allongées sur l’eau ou dressées au milieu de magnifiques mangroves et relèvent de la pure magie.

Nous avions peur d’être aspirés dans un parcours touristique obligé, mais à part la visite du très étonnant village de Koh Panyee, en allant directement au port négocier le tour en bateau avec le représentant des bateliers c’était vraiment très facile et tranquille. Koh Panyee est un village de pécheurs musulmans, entièrement sur pilotis, principalement en béton aujourd’hui, mais la vie sur les planches semble fonctionner malgré l’espace très réduit, les rues font le plus souvent à peine un mètre de large ce qui n’empêche pas les habitants de s’y déplacer en vélo ou mobylette électrique, quelquefois avec d’imposantes cargaisons. La rue principale est un souk où se réplique à l’infini le kit complet des objets touristiques importés, on y trouve des écoles, un hôpital, des restaurants, des maisons de riches avec des grilles clinquantes sur deux étages montées sur d’épaisses dalles de béton, et beaucoup d’habitations plus frêles en planches de bois mal raboutées, clouées sur des planchers troués et habitées par des familles pauvres souvent nombreuses.


De tout petits enfants font du vélo laissés à eux mêmes sur un ponton entouré d’un rebord les empêchant de rouler directement dans la mer.
La roche plonge dans l’eau et à force d’être léchée par les vagues, sa base s’est creusée créant un surplomb donnant l’impression de gros cailloux posés sur l’eau et plus ou moins reliée à elle par de véritables pendentifs ou stalactites sculptés comme si ils venaient de s’élever depuis la mer et coulaient encore. À quelques endroits, des peintures rupestres ornent d’anciennes cavernes vielles de 3000 ans. Une végétation tropicale luxuriante s’accroche sur les parois rocheuses.


La plus grande partie des touristes ne visite que l’île de James Bond, très photogénique il faut bien dire, un parc avec une plage, centre commercial à ciel ouvert suivi d’une petite promenade à travers une faille rocheuse spectaculaire par des escaliers de jardins japonais et c’est à peu près tout. Nous avons vu et demandé au batelier de ne pas nous y arrêter, ce qui l’a fait sourire.

Finalement, le moutonnage à cela de bon qu’il rassemble ses adeptes, permettant aux autres de prendre leurs aises à l’écart. Comme dans beaucoup de zones touristiques, il suffit de s’éloigner un peu pour voyager heureux.

Le lendemain nous prenions le vol depuis Phuket International Airpot (Thaïlande) à Siem Reap (Cambodge). Le peu que nous avons aperçu de Phuket était assez traumatique, un peu comme nos régions de bord de mer à nous, très construit, avec de grands hôtels sur des grandes avenues, beaucoup de circulation, bref l’industrie du tourisme, avec la différence que la plupart des vols viennent d’Eurasie. Apparement touristes et investisseurs locaux les plus nombreux sont les Russes, suivis des Chinois puis des pays Arabes. Les européens sont présents, mais à part Moscou aucun vol direct affiché.

Le ciel était très beau avec des nuages bourgeonnant ici et là. Au survol le sud du Cambodge était très brumeux, nuage d’évaporation des rizières encore partiellement inondées allié à la pollution. Le lac Tonlé Sap comme un tableau de Turner où les eaux boueuses et les marécages qui l’entourent se confondent avec la brume.

Arrivé dans un aéroport flambant neuf et très stylé, avant goût de la sophistication stylistique Cambodgienne / Khmer, le second étant de plus en plus utilisé pour la culture traditionnelle comme contemporaine.

Laisser un commentaire