Notre road trip a débuté á Perth mardi 10 mars s’est terminé par prématurément mercredi 25 où nous avons dû retourner à Perth toute affaire cessante à cause du cyclone Narelle qui menaçait Karratha et surtout Exmouth le jour où nous devions reprendre l’avion pour retourner à Perth.

Décollage d’Exmouth/Learmonth, à l’horizon les nuages avant-coureurs du cyclone Narelle approchent
Rembobinage :
Nous avons donc quitté Exmouth le 18 mars avec Julian direction plein est à travers la steppe rouge, destination Tom Price, la ville minière la plus proche du parc national de Karijini où nous avions réservé 4 nuitées d’un grand bungalow du camping. Un grand terrain en forme de roue assez étrange où voisinent les touristes et campeurs avec les mineurs et les techniciens logés dans ces habitations provisoires.

Beaucoup d’animaux sauvages : ici un Goanna d’environ 80 cm de long se balade entre la lingerie et les jeu d’enfants. Des souris faisant la fête la nuit dans la cuisine, des araignées le raffut de magnifiques bandes de Galahs au coucher et au réveil et une grenouille dans la douche.

Le centre ville de Tom Price se réduit à un petit centre commercial IGA animé comme une ruche autour de laquelle arrivent et repartent les gros 4X4 techniques blancs et jaunes fluo recouverts de poussière rouge des employés de la mine et des touristes. Les abeilles sont les employés des mines portant les uniformes RIo Tinto : pantalon noir et veste jaune fluo barrée de bandes réfléchissantes horizontales. Pas de restaurant sinon un petit fast food parfumé à l’huile rance. Toutes les “accommodations” fonctionnent ici en “self catering” autrement dit chacun fait sa cuisine, vaisselle et lingerie.
Parmi les les plus grosses industries West Australiennes, Woodside pour le gaz et Fortescue, Rio Tinto est une des plus grosse compagnie minière du monde, implantée en WA avec 12 M$ de CA/an et possède la plupart des mines du pays. Elle emploie des centaines de milliers de personnes. Elle est également propriétaire de nombreuses routes, chemins de fer, implantations industrielle de traitement et trains de marchandise longs de plusieurs km avec des centaines de wagons, qui circulent à rythme serré au point que la voie semble parfois n’être qu’un seul train liant les mines aux ports.

Le nord ouest est aussi le pays des Road Trains, énormes camions avec 2, 3 ou 4 remorques, soit pas loin de 100m de long et parfois de grande largeur roulant à plus de 80km/h sur les routes en terre rouges corrugated (en tôle ondulée).

On peut emprunter certaines de ces routes privées, les plus importantes reliant des villes entre elles, à condition d’obtenir une qualification, consistant à un examen en ligne très chiant et très long. Julian y a passé deux heures environ. A part les consignes habituelles et les évidences comme voyager avec de l’essence et de l’eau, s’hydrater régulièrement , ne pas ralentir en traversant les voies ferrées, faire attention aux camions, ne pas rouler au dessus de la limite de vitesse, après avoir visionné les 9 vidéos obligés sans contrôles et répondu aux nombreux QCM, on apprend à ne jamais descendre de voiture à proximité des voies ferrées si l’on porte un vêtement rouge, à bien y réfléchir ça fait sens, mais on n’y aurait pas pensé. Rio Tinto a également un passif de destruction de sites archéologiques aborigènes, comme l’effacement en quelques jours des 46000 ans d’occupation humaine de la Gorge de Juukan par l’extension de la mine Brockman 4 près du site touristique d’Hamesley.


La région regorge de richesses minières, principalement du fer sous la forme d’Hématite à haute densité. La terre rouge et la roche noire sont tellement riches en fer que n’importe quel gros cailloux ramassé par terre dans toute la région pèse le poids d’un boulet de canon. J’en ai ramassé deux minuscules exemplaires pour ma collection de pierres ramassées lors de nos voyage, qui énerve assez Ruth. On y trouve aussi de la bauxite, du sel et du lithium, germant sur les marais salants “brine ponds” de Karratha, des lacs de terre rouge à la surface givrée éblouissante sous le soleil zénithal.

Ici on vit au rythme du soleil : coucher à 9h, lever à 6, départ à 7, 100 à 150 km pour aller sur les sites du parc, marche de 8h à 11h au plus tard, après il fait trop chaud. Les sites de promenade aménagés, sans aucun doute parmi les plus spectaculaires du parc, sont principalement des gorges avec des marres ou des étangs dans lesquels on peut souvent se baigner. Petits oasis paradisiaques de schiste rouge creusés en marches naturelles, remblais d’une végétation luxuriante sous un ciel d’azur. Mais à la fin de l’été beaucoup d’entre elles n’étaient pas très encourageantes. La population la plus importante est sans aucun doute celle des mouches, particulièrement tenaces, d’où l’importance du filet à mouches.

Ces gorges dont seulement de minuscules parties sont visitables, sont comme des coups d’épée dans le plateau. A la moindre pluie, tropicale et violente, ils risquent de se remplir en quelques minutes de torrents de boue.

C’est pourquoi les rangers ferment souvent les routes et en font remonter les visiteurs à la moindre annonce d’orage. Il pleut plus souvent et surtout plus qu’on ne pense : chaque creux sur les routes désertes peut devenir une marre de boue rouge parfois très profonde alors que le plateau lui-même peut se transformer en étendue liquide.

Karijini park est un plateau aride, autour 600 à 700m d’altitude, où derrière chaque colline rocheuse apparaît un nouvel horizon à l’infini. Les perspectives sont uniques, à cause du relief permettant des vues époustouflantes, chose rare dans ces paysages ouest Australiens où la plupart du temps le relief se réduit à des rochers ou des dunes de quelques mètres.

Il est plutôt bien géré, notamment car une partie du personnel et de l’administration est confiée aux communautés locales des premières nations. On peut se demander pourquoi cette pratique n’est pas généralisée. La montagne au dessus de Tom Price s’appelle sur les cartes “Nameless Mountain” alors que son nom ancestral aborigène est sans doute depuis des dizaines de milliers d’années Jarndunmunha.

Les pierres rouges sont des œuvres picturales en elles-même qui par leur formes et leurs couleurs font penser aux peintures aborigènes et à un rouge de rouge à la Soulage par leur matière. On peut voir dans ces micros reliefs comme des homothéties de montagnes et de vallées imaginaires.



Polies par les passages de centaines et probablement milliers d’années comme des veilles reliques en marbres, les jaunes, rouges et noirs reluisent comme de la vielle patine.



Dans toute la région on trouve aussi de magnifiques termitières parfois de plus de 3m de hauteur et dont les teintes varient entre le jaune et le rouge foncé. Cimentées par des milliers de goutes d’eau et dures comme de la pierre, la chaleur à l’intérieur peut atteindre les 100°, elles sont comme des forteresses déployés à équidistance les unes des autres.



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