Bienvenu au bal des cigales de 6:20 à 6:40 et de 18:30 à 18:50.
Belle surprise en arrivant le premier soir sur Kho Phra Thong. À la minute où le dernier rayon de soleil plonge dans la mer d’Andaman, les cigales se mettent toutes à chanter en même temps de façon quasiment synchronisée, puis c’est un long decrescendo d’une quinzaine de minutes, jusqu’à ce que la nuit soit tombée. Le matin autour de 6:00 dès que la lueur du jour indique l’arrivée prochaine du soleil, même scénario mais avec un fade-in plus long.
Parfois il y a même des faux départs, comme à l’orchestre. J’en ai enregistré un que voici.
Contrairement aux cigales provençales, celles-çi font partie de celles produisant une stridulation quasiment continue. Certaines produisent un bruit très fort, voir assourdissant, saturant le préamplificateur de notre petit enregistreur.
Après quelques jours d’observation le phénomène est un peu plus complexe qu’il n’y paraît à première écoute. Il semble plutôt qu’une première cigale se lance doucement ayant estimé qu’il est l’heure. Sera t’elle suivie, par un petit groupe ou par toutes ?
Quelquefois on entend d’autres cigales au loin avant que celles d’ici ne démarre. Si tout le monde ne démarre pas ça s’arrête.
Mais surtout ce qui m’intéresse tout particulièrement est la dimension spatiale et polyphonique. L’impression de crescendo est au début dû a l’accroissement de la polyphonie, puis une fois que les cigales sont sûres que tout le monde a bien démarré alors on monte le volume et on ajoute des variations individuelles qui donne une impression de diversité sonore unique en son genre. En effet tous les sons de cigales se ressemblent mais sont en fait différents en allure, timbre, diffusion, position, réflexions…etc.
Le décrescendo lui se fait simultanément par atténuation et disparition des parties individuelles les unes après les autres. Puis à la fin les cigales restantes s’arrêtent toutes en même temps à quelque dixièmes de seconde près. Chute raide comme dirait Schaeffer.
En tout cas ils semble bien qu’elles s’écoutent et n’ont pas besoin de chef d’orchestre. Certes la partition est sommaire et procédurale, mais pas si simple de jouer ensemble quand on est des milliers dans le même orchestre.
6:15 du matin. Dès 6:00 à la première lueur du jour, les oiseaux ouvrent le bal en s’annonçant successivement, puis les cigales se lancent.
18:30 le soleil vient à peine de disparaître derrière l’horizon. dns la pinède un faux départ, puis après une petite attente l’orchestre se met en route. Ensuite je me promène avec l’enregistreur en essayant d’approcher le micro des cigales les plus puissantes. La variabilité due à la navigation sonore dans cette masse de sources multiples est très riche et immersive.
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