Pluie à New York
Pluies à New York — 1993 — 8’55
Extraits du texte poétique et nostalgique d’Albert Camus où l’auteur essore la noirceur de sa solitude sous la pluie de New York.
J’ai travaillé à partir d’une improvisation enregistrée de la chanteuse soprano Tertia Sefton-Green. Puis sur un échantillonneur, j’ai créé des boucles que j’ai superposées afin de rendre le rythme obstiné des essuie-glaces dont parle l’auteur. J’ai également utilisé des prises de son de villes, notamment américaines des années soixante (klaxons…etc), enfin des sons à vocation dramatique réalisés par étirement de bruits de chaînes de bateau (pour l’anecdote mais étrangement assez symbolique des attaches psychiques).
La solitude paradoxale des cités est un sentiment universel que certains ressentent plus dramatiquement que d’autres. Nous ne savons pas ce que nous réserve l’avenir. Cette inquiétude est un sentiment important. Selon qu’on est ou non dans la solitude et l’angoisse, les hurlements des sirènes prennent des significations toutes différentes.
Camus s’est suicidé, il était dépressif malgré son immense talent, il aura été pour moi un des plus grands poètes que j’ai aimés. Je me suis souvent reconnu dans ses textes, dans sa conscience aigue et sage. C’était un maître et pourtant il n’avait pas la force de se maintenir debout lui-même. Tous mes maîtres se sont suicidés les uns après les autres, par discrétion je préfère ne pas citer leurs noms, mais ce fût une véritable hécatombe pour mon âme. Est-ce une malchance, une attirance ou une tendance constante des maîtres en général. Je déteste donc le suicide et tout ce qui lui ressemble, je fuis les gourous, chefs, et les maîtres à penser et ai toujours refusé d’en être, un maître, juste un prof rêveur.
Contexte de diffusion
Diffusée dans le spectacle « Cabaret Camus » (Ni ange ni bête mais homme), Actuel Free Théâtre — Grange Dîmière Théâtre de Fresne, 2007, avec Claude Bernhardt, Liliane Witrant et Jean Mourat.